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Décennale sous-traitance : qui doit être assuré sur le chantier ?

Décennale sous-traitance : qui doit être assuré sur le chantier ?

23 octobre 2026
12 min de lecture
Entrepreneur principal ou sous-traitant : qui doit être couvert en décennale ? Voici les repères généraux, les bons réflexes (attestation, contrat) et quand solliciter un conseiller pour un cas particulier.

Vous confiez une partie d’un chantier à un confrère, ou c’est vous qui intervenez pour une autre entreprise ? La question revient souvent chez les artisans, les auto-entrepreneurs et les gérants de TPE du bâtiment : qui doit être assuré en décennale ? En règle générale, c’est l’entrepreneur principal, celui qui a signé directement avec le client, qui doit être couvert lorsque ses travaux relèvent de la garantie décennale.

Le sous-traitant, lui, n’est pas considéré comme « constructeur » au sens de cette obligation légale. Cela ne veut pas dire qu’il n’a aucune responsabilité. Reprenons cela calmement, étape par étape.

Décennale et sous-traitance : la réponse en bref

Voici l’essentiel, en trois idées.

  • L’entrepreneur principal a le contrat direct avec le client. Lorsque ses travaux relèvent du régime de la décennale, il doit être couvert, et justifier de son assurance à l’ouverture du chantier.
  • Le sous-traitant, sans contrat direct avec le client, n’est pas considéré comme constructeur au sens de l’obligation légale de décennale. Cette absence d’obligation, dans sa seule qualité de sous-traitant, ne supprime pas les responsabilités qui peuvent découler de ses travaux.
  • Sous-traiter ne change rien aux obligations de l’entrepreneur principal envers son client : il répond des travaux qu’il a confiés.

Autrement dit, confier un lot à un sous-traitant ne vous « décharge » pas vis-à-vis du client. C’est précisément pour cela que bien choisir et bien contrôler son sous-traitant a du sens.

Dans cet article, nous passons en revue le rôle de chaque intervenant, la situation du sous-traitant, les vérifications à faire sur votre propre contrat, puis la demande et la lecture de l’attestation du sous-traitant. Nous terminons sur les cas particuliers, pour lesquels un conseiller reste le meilleur interlocuteur. Si vous cherchez les bases de la garantie elle-même, notre article Assurance décennale : qui doit la souscrire et que couvre-t-elle ? les détaille.

Le rôle de chaque intervenant sur le chantier

Pour savoir qui doit être assuré, il faut d’abord savoir qui est qui. Trois rôles reviennent sur la plupart des chantiers.

Le maître d’ouvrage

C’est le client, la personne (particulier, société, collectivité…) pour laquelle l’ouvrage est réalisé. Il fait appel à une entreprise pour construire ou rénover, et il contracte avec elle.

L’entrepreneur principal

C’est l’entreprise qui contracte directement avec le client. Elle peut réaliser tout ou partie des travaux elle-même, et confier certains lots à d’autres entreprises. Pour ces lots, elle répond des travaux confiés à son sous-traitant : le client, lui, n’a affaire qu’à elle.

Le sous-traitant

C’est l’entreprise qui intervient pour le compte de l’entrepreneur principal, sans lien contractuel direct avec le client. Son interlocuteur, c’est l’entrepreneur principal.

Un repère simple : « avec qui ai-je signé ? »

Pour vous situer, posez-vous cette question : avec qui mon contrat est-il signé ? Si c’est avec le client final, vous êtes plutôt entrepreneur principal. Si c’est avec une autre entreprise qui, elle, a signé avec le client, vous êtes plutôt sous-traitant.

Le schéma peut se résumer ainsi :

  • Client (maître d’ouvrage) → contrat → entrepreneur principal
  • Entrepreneur principal → contrat de sous-traitance → sous-traitant
  • Client et sous-traitant : pas de contrat direct entre eux

Ce schéma reste une base. Certains montages sont plus complexes, nous y reviendrons en fin d’article.

Sous-traitant : pas d’obligation légale de décennale, mais des responsabilités

Pourquoi le sous-traitant n’est-il pas concerné par l’obligation de décennale ? Parce que cette obligation vise les constructeurs, c’est-à-dire ceux qui sont liés au client par un contrat. Le sous-traitant, qui n’a pas de contrat direct avec le maître d’ouvrage, n’entre pas dans cette définition en tant que sous-traitant. C’est la position rappelée par la DGCCRF, dont la fiche pratique sur les malfaçons maintient cette distinction entre le constructeur lié au client et le sous-traitant sans lien direct.

Une nuance importante

Il serait pourtant inexact d’en conclure qu’un sous-traitant n’a pas à se préoccuper de son assurance. L’absence d’obligation légale dans sa seule qualité de sous-traitant ne supprime pas les responsabilités pouvant découler de ses propres travaux. Si un désordre trouve son origine dans son intervention, sa responsabilité peut être recherchée, notamment par l’entrepreneur principal.

Ce que cela change concrètement

Dans la pratique, l’entrepreneur principal peut prévoir dans le contrat de sous-traitance qu’il attend une couverture de la part de son sous-traitant, et beaucoup d’entreprises le font par prudence. Pour vous, artisan ou gérant de TPE, deux lectures sont donc possibles :

  • si vous sous-traitez, vous pouvez demander une preuve d’assurance avant que le sous-traitant n’intervienne ;
  • si vous êtes sous-traitant, on peut vous demander une attestation, même si la loi ne l’impose pas systématiquement.

Un traitement au cas par cas

La responsabilité décennale d’un sous-traitant se traite au cas par cas, selon les travaux, le contrat et les circonstances. Aucun article général ne peut promettre qu’un sinistre donné sera pris en charge ou non. Pour le cadre général de la garantie, vous pouvez consulter la fiche « Garantie décennale des constructeurs » sur Service-Public.fr.

Entrepreneur principal : vérifier d’abord son propre contrat

Avant de regarder l’assurance de votre sous-traitant, regardez la vôtre. Un point de vigilance revient souvent : l’assurance de l’entreprise principale ne couvre pas automatiquement tous les sous-traitants ni toutes les activités. Tout dépend de ce que prévoit votre contrat.

Les questions à vous poser

  • Mon contrat autorise-t-il la sous-traitance ? Certains contrats posent des conditions ou des limites. Mieux vaut le savoir avant de signer avec un sous-traitant.
  • Couvre-t-il toutes les activités que je confie à d’autres ? Un lot confié à un confrère peut correspondre à une activité qui n’apparaît pas dans votre contrat.
  • Mes activités déclarées correspondent-elles aux travaux réellement réalisés ? Cela vaut pour ce que vous faites vous-même, mais aussi pour ce que d’autres font sur le chantier sous votre responsabilité.

Les organisations professionnelles, comme la FFB, invitent d’ailleurs à vérifier que les activités du bâtiment sont bien garanties dans le contrat de décennale.

Prévenir avant, plutôt qu’après

Si le chantier sort de l’ordinaire (activité nouvelle pour vous, lot technique inhabituel, plusieurs entreprises impliquées), parlez-en à votre assureur ou à votre courtier avant le démarrage. C’est plus simple de clarifier une situation en amont que de la découvrir une fois un désordre apparu. Nous ne pouvons pas anticiper sa réponse : elle dépendra de votre contrat et du chantier.

Demander l’attestation du sous-traitant : pourquoi et comment

La règle et la bonne pratique

Distinguons bien les deux. D’un côté, la règle : l’attestation décennale du sous-traitant ne fait pas partie des documents systématiquement imposés par la loi dans cette relation. Sa remise peut toutefois être prévue au contrat de sous-traitance. De l’autre, la bonne pratique : les organisations professionnelles, comme la CAPEB ou la FFB, recommandent à l’entreprise principale d’exiger, avant l’intervention, les attestations couvrant les responsabilités de son sous-traitant. La CAPEB conseille notamment de demander, si elle existe, l’attestation couvrant les dommages de nature décennale.

Quand la demander

Idéalement avant le début des travaux, au moment de la signature du contrat de sous-traitance. Un document reçu tardivement ne permet plus de corriger une situation qui ne convient pas. Pensez aussi à :

  • l’indiquer dans le contrat de sous-traitance, pour que la remise de l’attestation soit claire pour tout le monde ;
  • vérifier sa validité à l’ouverture du chantier ;
  • la conserver dans le dossier du chantier, avec les autres pièces administratives.

Une attestation, ce n’est pas une garantie

Soyons francs : une attestation ne suffit pas à garantir la prise en charge d’un sinistre. C’est un point de contrôle utile, qui montre qu’un contrat existe et à quelles conditions. La prise en charge réelle dépend toujours du contrat, de ses garanties, de ses exclusions et des faits. Comprendre cela vous évite une fausse tranquillité, tout en gardant un réflexe de bon sens qui vous protège.

Que contrôler sur l’attestation, ligne par ligne

Une attestation peut sembler technique. En pratique, quelques vérifications simples permettent de repérer la plupart des écarts. Voici une liste à cocher que vous pouvez reprendre pour chaque sous-traitant.

  • ☐ Identité de l’entreprise : la raison sociale correspond-elle bien à l’entreprise réellement présente sur le chantier ?
  • ☐ Période de validité : l’attestation couvre-t-elle bien la date d’ouverture du chantier ?
  • ☐ Activités garanties : les activités mentionnées correspondent-elles exactement aux travaux que vous lui confiez ? Une activité proche n’est pas forcément la même.
  • ☐ Procédés techniques : si l’attestation vise des procédés ou techniques particuliers, ceux mis en œuvre sur votre chantier y figurent-ils ?
  • ☐ Exclusions et conditions : y a-t-il des limites, notamment liées à la sous-traitance ? Lisez-les attentivement, même si elles sont écrites en petits caractères.
  • ☐ Qualité d’intervention : l’attestation précise-t-elle dans quelle qualité l’entreprise est couverte (en tant que sous-traitant ou non) ?

Un repère officiel

Un arrêté, publié sur Légifrance, fixe un modèle d’attestation d’assurance comprenant des mentions minimales : c’est l’arrêté du 5 janvier 2016. Il peut vous servir de repère pour juger si un document paraît complet. Nous ne détaillons pas ici son contenu précis : référez-vous directement au texte officiel.

Si une mention vous paraît floue ou incohérente, ne restez pas dans le doute. Demandez des précisions au sous-traitant, ou à son assureur, avant le début des travaux.

Un cas particulier ? Parlez-en à un conseiller

Une même entreprise peut se retrouver dans des positions différentes d’un chantier à l’autre. Sur l’un, vous êtes en contrat direct avec le client. Sur l’autre, vous intervenez pour un confrère. La question « suis-je sous-traitant ou entrepreneur principal sur ce chantier ? » dépend du contrat et ne se tranche pas en général.

Certains montages demandent un examen attentif :

  • la cotraitance, quand plusieurs entreprises s’engagent ensemble ;
  • les chantiers où la sous-traitance s’enchaîne sur plusieurs niveaux ;
  • les activités mixtes, qui relèvent de plusieurs métiers ou de plusieurs régimes.

Dans ces situations, faites examiner le contrat, les activités et les attestations par votre assureur, votre courtier ou un conseiller juridique. Cet article donne des repères généraux, il ne remplace pas cet examen.

Pour aller plus loin, en tant que dirigeant

Votre activité repose en grande partie sur vous. Deux lectures complémentaires peuvent vous intéresser : Prévoyance : protéger ses revenus en cas d’arrêt de travail, d’invalidité ou de décès et Mutuelle santé : 5 points à vérifier avant de changer de contrat.

Avancer sereinement

Bien assurer un chantier, c’est d’abord savoir qui fait quoi, puis vérifier que les contrats suivent. Vous n’avez pas à tout démêler seul : chez Cherchassur, un comparateur gratuit vous permet de visualiser les offres, et un conseiller dédié vous accompagne pas à pas, selon votre situation. Les garanties, les exclusions et les conditions restent propres à chaque contrat, aucune prise en charge n’est assurée d’avance.

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À retenir

  • L’entrepreneur principal, qui contracte directement avec le client, doit être couvert en décennale lorsque ses travaux relèvent de ce régime, et justifier de son assurance à l’ouverture du chantier.
  • Le sous-traitant n’est pas considéré comme constructeur au sens de l’obligation légale, mais cela n’efface pas les responsabilités pouvant découler de ses travaux.
  • Sous-traiter ne change pas les obligations envers le client : l’entrepreneur principal répond des travaux confiés. Vérifiez aussi que votre propre contrat autorise la sous-traitance et couvre les activités concernées.
  • Demandez l’attestation du sous-traitant avant l’intervention et contrôlez identité, période, activités, exclusions et qualité d’intervention. Une attestation reste un point de contrôle, pas une garantie de prise en charge.
  • Pour un montage particulier (cotraitance, plusieurs niveaux, activité mixte), faites examiner contrat, activités et attestations par un assureur, un courtier ou un conseiller juridique.

Questions fréquentes

Un sous-traitant doit-il avoir une assurance décennale ?

En tant que sous-traitant, sans contrat direct avec le client, il n’est pas considéré comme constructeur au sens de l’obligation légale de décennale. Cela ne supprime pas les responsabilités pouvant découler de ses travaux, et le contrat de sous-traitance peut prévoir une couverture. Pour votre situation, un assureur ou un conseiller pourra vous éclairer.

L’assurance de l’entreprise principale couvre-t-elle son sous-traitant ?

Pas automatiquement. Tout dépend de ce que prévoit le contrat de l’entreprise principale : autorise-t-il la sous-traitance, et couvre-t-il les activités confiées ? Il est donc utile de le vérifier auprès de son assureur ou de son courtier avant le chantier.

La loi impose-t-elle de demander l’attestation décennale du sous-traitant ?

Cette attestation ne fait pas partie des documents systématiquement imposés par la loi dans cette relation. Sa remise peut en revanche être prévue au contrat de sous-traitance, et les organisations professionnelles recommandent de la demander avant l’intervention si elle existe.

Une attestation d’assurance suffit-elle à garantir la prise en charge d’un sinistre ?

Non. L’attestation est un point de contrôle qui montre qu’un contrat existe et sur quelles bases. La prise en charge dépend du contrat, de ses garanties et exclusions, ainsi que des circonstances du sinistre.

Que faire si je ne sais pas si je suis sous-traitant ou entrepreneur principal ?

Demandez-vous avec qui votre contrat est signé : le client final, ou une autre entreprise. Si la situation reste floue, notamment en cas de cotraitance ou de chantier à plusieurs niveaux, faites examiner le contrat par votre assureur, votre courtier ou un conseiller juridique.

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